Le soleil et la vitamine D

Le soleil et la vitamine D

(Par : Protégez-Vous)

Les rayons UVB du soleil déclenchent la fabrication de la vitamine D dans notre organisme. Nos activités extérieures suffisent-elles à nous en fournir l’apport recommandé ?

Normalement, un simple bain de soleil estival de 20 minutes permet à notre peau de produire de 8 000 à 10 000 unités internationales (UI) de vitamine D. « Sauf que si on évite systématiquement le soleil entre 11 h et 15 h ou qu’on se badigeonne toujours de crème solaire, il est difficile d’atteindre une dose adéquate de vitamine D, même l’été », dit Pierre S. Haddad, professeur titulaire au Département de pharmacologie de l’Université de Montréal.

Les choses se compliquent aussi durant la saison froide. « À partir de l’équinoxe d’automne, on devrait prendre des suppléments, car le soleil ne fournit plus en quantité suffisante les UVB dont notre peau a besoin pour fabriquer la vitamine », constate Jean-Yves Dionne, pharmacien et expert-conseil en produits de santé naturels et approches alternatives.

Les apports recommandés par Santé Canada

Santé Canada recommande donc, pour les Canadiens âgés de un à 49 ans, un apport en vitamine D de 600 UI par jour. Pour les personnes de plus de 50 ans, on conseille un apport supplémentaire de 400 UI de vitamine D. Ce supplément de 400 UI est aussi indiqué pour les nourrissons qui sont allaités, puisque le lait maternel est pauvre en vitamine D. L’un des moyens recommandés par Santé Canada pour atteindre ces objectifs est de boire quotidiennement 500 ml (deux tasses) de lait ou de boisson de soya enrichie, aliments riches en vitamine D.

Malgré ces recommandations, une étude canadienne publiée en mai 2011 dans The American Journal of Clinical Nutrition révèle qu’environ 25 % de la population canadienne aurait un taux sanguin de vitamine D inadéquat (c’est-à-dire sous le seuil de 50 nanomoles par litre). L’hiver, c’est plus de 30 % des Canadiens qui se retrouvent dans cette situation.

D’ailleurs, pour certains experts, la dose fixée par Santé Canada est nettement insuffisante. Et plusieurs réclament la tenue d’études cliniques avec des doses élevées de vitamine D afin d’explorer ses bienfaits pour la santé et son potentiel de prévention.

D’autres recommandations

Ostéoporose Canada recommande, pour sa part, une dose journalière de 400 à 1 000 UI pour les moins de 50 ans, et de 800 à 2 000 UI pour les 50 ans et plus, alors que la Société canadienne du cancer invite les gens à discuter avec leur médecin de la possibilité d’un apport de 1 000 UI par jour, particulièrement durant la saison froide.

Du soleil artificiel, SVP!

Si on a besoin des rayons du soleil pour fabriquer la vitamine D, on a aussi besoin de sa lumière pour garder le sourire! À l’arrivée de l’hiver, quand il se fait rare, le manque de clarté affecte le moral de plusieurs individus souffrant de trouble affectif saisonnier (TAS).
Humeur dépressive, irritabilité, augmentation de l’appétit, fatigue chronique, baisse de libido : au Canada, 18 % de la population vit une déprime hivernale, tandis que 3 % souffre d’une dépression saisonnière. Heureusement pour eux, un traitement médical pour ce trouble affectif a fait ses preuves : la luminothérapie. Le traitement consiste à s’exposer quotidiennement à une lumière artificielle imitant celle du soleil. Il s’avère efficace chez 50 à 80 % des gens qui souffrent de dépression saisonnière, un taux comparable à celui des antidépresseurs.

À lire pour en savoir plus :

« La vitamine D et les suppléments », Protégez-Vous, décembre 2011.

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